Des avantages et inconvénients du confinement… après 1 mois !

Faisant suite à mon article précédent, voici dans le désordre les améliorations que j’ai constatées au niveau de notre foyer depuis le début du confinement :

  • des enfants qui se réveillent plus facilement (et plus facilement que moi d’ailleurs, qui n’arrive pas à aller dormir avant minuit, voire bien plus tard…) et en forme – le beau temps aide d’ailleurs aussi je pense ! Bon il a quand même fallu se faire au passage à l’heure d’été, à les convaincre que oui, il fait encore jour à 20h30 mais qu’il est tout de même l’heure d’aller se coucher… Ils sont aussi plus apaisés. Alors bien sûr ils se posent beaucoup de questions, en particulier ma grande de 7 ans qui a eu une petite frayeur que je n’avais pas anticipée lorsque je lui ai expliqué qu’il fallait que 60% de la population soit touchée par le coronavirus pour atteindre l’immunité collective et endiguer la progression de l’épidémie. J’ai senti alors monter en elle un vent de panique lorsqu’elle a réalisé qu’elle allait devoir être contaminée – alors un conseil, choisissez bien vos mots pour éviter la même réaction ! Elle recherche également des solutions : cela a été l’occasion de lui expliquer comment un vaccin fonctionnait par exemple, et peut-être d’éveiller en elle des élans de futur chercheur, qui sait ? Mon petit de 5 ans lui a des interrogations plus pragmatiques : comment le virus est apparu ? Est-ce qu’il va mourir ? Mais au global ils s’amusent bien à la maison (à 2 grands et 1 bébé, c’est une vraie micro-société finalement qui se crée et ils n’ont pas le temps de s’ennuyer – l’expérience les rapproche même et nous rapproche tous ne serait-ce que par le temps passé ensemble…) et je pense qu’ils se sentent rassurés, en sécurité et en confiance.
  • une maison mieux entretenue : bien sûr je faisais régulièrement le ménage, mais là en plus mon mari effectue les menues réparations qu’il n’avait jamais le temps de gérer, la tonte et l’entretien de la pelouse, le lavage des vitres… Oui oui j’ai un mari en or ! En plus j’ai été prise – pas au début, mais le climat ambiant a sûrement contribué à développer des réflexes de mère poule (comme les derniers jours avant un accouchement) – d’une frénésie d’achats que je sais bien évidemment déraisonnable et même grotesque, et je pense que nous avons assez de pâtes, d’eau et de papier toilette pour tenir probablement un petit mois. Et évidemment comme nous ne mangeons pas de pâtes plus d’une fois par semaine, les stocks ne diminuent pas ! Bon nous avons aussi stocké ce qui sera utile de toute manière et qui ne périme pas : couches pour bébé, lessive, pastilles lave-vaisselle, essuie-tout, shampooings et gels douches…
  • un foyer dont on prend soin et qui nous le rend bien. Avec les beaux jours, et comme inévitablement nous passons tout notre temps à la maison, nous avons envie de nous y sentir bien et y travaillons son confort : nous y avons apporté quelques touches déco (des éléments ramenés de divers voyages que nous n’avons jamais pris le temps d’accrocher, la mise à jour des dessins, photos et matériels pédagogiques accrochés dans les chambres des enfants…), nous avons pris le temps de trier les jouets, les vêtements, nous nous occupons du jardin et en avons profité pour planter quelques graines dans le potager avec les enfants (persil, thym, basilic, coriandre, ciboulette… j’espère qu’elles vont prendre !). Et comme nous vivons plus que jamais dans le jardin (même s’il n’est pas immense), nous en avons profité pour mieux l’équiper également (cela fait 1 an et demi que nous y avons emménagé, nous étions auparavant en appartement avec jardin) : transat-balancelle, barbecue et trampoline pour le plus grand bonheur des petits monstres !!
  • nous prenons de nouveau du temps et du plaisir en cuisine, que ce soit pour se préparer de bons petits plats (oui, oui, comme nous étions à même de le faire avant d’avoir des enfants – suivez mon regard !) ou pour de petites gourmandises sucrées. Les enfants participent volontiers et sont même moteurs pour trouver et concocter des menus créatifs (il en faut hein, sinon on a l’impression de passer notre temps à manger tout le temps, et à tourner en rond parmi les plats…) : nous sommes donc passés par un repas breton fait pas les enfants (merci Astrapi : galettes et crêpes, miam !), un pique-nique dans le jardin (oui parce qu’ils avaient surtout envie de chips en fait je crois), hamburgers et frites maison (nous ne sommes pas de grands fans de fast food sauf pour des questions de praticité sur la route des vacances par exemple, mais quand ils sont faits maison, cela change tout !), de pizzas ou de tartes flambées maison au barbecue (pour nous rappeler l’Alsace qui semble si loin en ce moment), sans compter les classiques et nombreux cookies, crêpes, madeleines, muffins tout chocolat, gâteaux (hmm le gâteau de Nancy, notre préféré !), pains perdus, crumbles aux pommes… Oui oui nous faisons partie des grands consommateurs d’oeufs du confinement 🙂 J’envisage même l’élevage de poules, c’est dire…
  • et nous tâchons de prendre également, comme nous le pouvons en tout cas avec tout cela, le temps pour faire un peu d’introspection, pour nous poser des questions sur qui nous sommes devenus, comment nous aimerions évoluer, où nous aimerions vivre, comment nous souhaitons voir grandir nos enfants. Nous apprenons à trouver en nous les ressources pour nous détendre, lâcher prise notamment sur ce sur quoi nous n’avons de toute manière aucune maîtrise. Finalement notre extérieur nous tâchons également de le trouver à l’intérieur. Cela fait du bien et c’est même presque un luxe d’avoir l’opportunité de pouvoir prendre ce temps, alors qu’en période « normale » nous ne faisons que courir dans tous les sens sans se voir, sans s’entendre, sans s’écouter – merci à la vie parisienne je crois ?

Et les quelques points que je regrette ou bien que j’apprends toujours à gérer :

  • en premier lieu, mon travail et de manière plus large je pense, la gestion du temps. J’avoue ne pas réussir à travailler de manière efficace en journée, car le matin (hors vacances scolaires) est consacré au travail de ma fille sur un horaire où elle est plus concentrée et donc plus efficace – si nous nous y mettions l’après-midi, je ne suis pas sûre que nous parviendrions à tenir le rythme demandé (mais pas imposé !) par son enseignante. Souvent notre cadet se joint à nous pour faire quelques pages de ses cahiers de français ou de mathématiques – eh oui car du coup nous en profitons pour le faire avancer, puisqu’il est demandeur, sur des notions plus « sérieuses » et travailler comme sa grande soeur. Avec ses particularités hein, parce qu’il trouve que le coloriage est « inutile » donc il entoure, et il n’a pas forcément de plaisir à écrire mais nous essayons de lui faire comprendre que l’écriture est indissociable de l’apprentissage de la lecture – qu’il adore ! Puis vient l’heure de préparer le déjeuner, et le déjeuner en lui-même (en comptant un petit temps additionnel pour faire manger notre petite Lionne juste avant nous – puis elle reste à table en même temps que nous après avec un petit morceau de pain ou de fromage). Après le repas, nous aimons inviter nos aînés à un temps calme de relaxation ou de méditation pendant que la petite est à la sieste. Parfois cela prend, parfois non. L’après-midi, je travaille mais comme Monsieur s’isole, je reste dans une pièce où je suis parfois aussi sollicitée par les enfants – qui ont un peu de mal à comprendre que Maman a beau être à la maison, elle est en réalité au bureau et donc non disponible. Et bien sûr, ces périodes sont jalonnées par les revendications de notre petite dernière… que j’apprécie aussi en fait. Bref tout cela pour dire que mise à part la tranche horaire 21h30-3h du matin, je n’ai pas d’occasion pour pouvoir me concentrer plusieurs heures de suite donc compliqué, même quand on a l’habitude du télé-travail (mais sans enfant à la maison – ce qui est une autre paire de manche !).
  • les contacts humains en-dehors du foyer, la famille étendue, les amis… Alors oui il y a FaceTime, Skype, Teams, Zoom… pour les rendez-vous virtuels, les goûters virtuels, les apéros virtuels, voire même les repas virtuels… Mais j’avoue que même si enfant je n’ai jamais été trop câlin, j’ai appris à le devenir une fois adulte, et cela me manque de ne pas voir « en vrai » les personnes qui me sont chères !
  • les activités extra-scolaires que je ne peux pas remplacer pour mes enfants. Alors bien sûr ils ne s’ennuient pas et nous avons la chance d’avoir un jardin, pas bien grand mais suffisant pour que le petit puisse jouer au basket, au foot, au badminton, pendant que la grande fait des allers retours sur la terrasse en rollers ou à faire la roue sur la pelouse – et depuis qu’ils ont un trampoline (cela fait une petite semaine), ils déchargent une bonne partie de leur énergie dessus et quand ils ne le font pas, ils s’allongent dessus pour lire, regarder les nuages… Malgré tout, il y a des choses qui leur manquent et que je peux difficilement leur apporter : ma grande est une amatrice passionnée d’équitation et est un peu frustrée de vivre à 800 m de son poney-club et de ne pas pouvoir rendre visite aux poneys. Mon fils est un grand fan de vélo et nous vivons à 800 m également d’un terrain de bi-cross qui lui est inaccessible…

Les évolutions générales que j’ai pu constater autour de moi :

  • nous n’avons vraiment pas tous les mêmes réactions face à l’inquiétude ambiante. Certains sont submergés et vont devenir déraisonnables (selon mes critères subjectifs, encore une fois…) sur plusieurs plans possibles : les courses, l’hygiène et la désinfection de tout à outrance et en permanence, la collapsologie – oui j’ai aussi appris un mot là, c’est-à-dire la crainte que le monde tel que nous le connaissons actuellement ne s’effondre au sortir de cet événement…
  • le rapport à l’information a changé. Comme lorsque nous sommes privés d’un sens, nous avons tendance à développer les autres. Eh bien là j’ai l’impression qu’étant privés du contact extérieur au sens propre, nous allons le chercher au sens figuré et nous tombons parfois dans la sur-information : nous allons au-devant des données, nous consommons les informations à grands renforts de réseaux sociaux et de médias que nous ne faisions qu’effleurer auparavant, nous échangeons encore davantage avec les autres par WhatsApp (oui parfois ce sont des blagues un peu potaches mais nous avons aussi besoin de rire !), nous nous renseignons via Quora, paradoxalement nous voyons et discutons donc avec davantage de personnes que lorsque nous devions aller au bureau tous les jours ?
  • le télé-travail : alors qu’il était auparavant presqu’une exception, il est devenu la nouvelle normalité. Sauf que… sauf que le télé-travail pour les personnes qui y ont été plongées de force par les événements n’est pas le vrai télé-travail dont j’ai pu bénéficier jusqu’à présent. Ces personnes peuvent d’ailleurs le détester, mais pas pour les bonnes raisons : ils y ont été contraints, non préparés, parfois même non volontaires, et surtout… avec la présence des enfants à la maison, et cela les amis, je vous assure que cela change tout ! Je peux donc tout à fait comprendre ceux qui n’attendent que le déconfinement pour retourner au bureau car le travail à la maison leur paraît un cauchemar, mais il n’est souvent pas mené dans les bonnes conditions. Malheureusement ces personnes ne voudront sans doute plus en entendre parler avant un petit bout de temps, et elles ne voient pas les vertus que ce mode de travail offre… Heureusement d’autres bénéficient de meilleures conditions et peuvent tirer profit de la situation pour être à la fois plus productif et plus satisfait de ce nouveau cadre !
  • je constate autour de moi que nous sommes nombreux aussi à vouloir apporter notre aide à la communauté, et notamment aux soignants, dans la mesure de nos moyens et de nos compétences. Un esprit de solidarité se développe malgré les inepties que l’on peut également entendre ça et là. Des mouvements se sont créés, c’est aussi l’un des avantages à vivre à notre époque où l’information circule rapidement et où il est devenu tellement facile de créer ou de rejoindre des groupes virtuels. Cela fait plaisir à voir, à tous les niveaux : bénévolat pour aider les centres médicaux temporaires montés pour l’occasion, solidarité pour faire les courses, ateliers-couture improvisés pour la fabrication de masques, dons divers et variés à destination des personnels ou établissements soignants… De quoi redonner le sourire !

Bien sûr, ces listes ne sont pas du tout exhaustives, elles reflètent simplement mes pensées du moment. Et vous, comment a évolué votre situation durant ces quelques semaines ? Avez-vous de nouvelles aspirations ? Quels changements avez-vous constatés autour de vous ?

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