Reprise du travail après 8 mois de congé maternité… Confinement… et déconfinement ?

Bonjour à tous ! Après 4 semaines de confinement, voici un premier petit bilan de notre vécu afin d’en garder une trace et partager avec vous nos sentiments face à cette période particulière et qui restera dans l’Histoire. Je suis de ceux qui, malgré sa dimension dramatique, sont persuadés que nous avons là l’opportunité de vivre une expérience inédite sinon unique sur une période de vie humaine, et que l’après sera, en tout cas je l’espère, meilleur car elle aura permis d’ouvrir les yeux sur de nombreux dysfonctionnements de nos systèmes actuels : locaux comme globaux, politique, sociétal, écologique… Cela devrait être l’occasion de faire le point et de remettre en question notre façon de consommer, de nous soigner, de travailler, et même tout simplement notre relation au temps et même aux interactions sociales !

Pour re-situer le contexte, après la naissance de notre petite dernière l’été dernier, j’ai repris le travail début mars après 8 mois de pause professionnelle (6 mois de congé maternité car troisième enfant, et 2 mois de congés payés). Je vous passe mes réflexions de reconversion (toujours en cours d’ailleurs) mais dans l’immédiat, la reprise était inévitable car nous n’avons pas encore d’alternative viable financièrement (mais j’y travaille). J’ai beaucoup redouté ce moment, au point de prendre un peu de médecine douce pour calmer le stress, relatif sans doute à des événements pas forcément très heureux que j’avais vécus dans cette entreprise avant sa mutation (et avant le licenciement de ses dirigeants misogynes, incompétents et manipulateurs). Une nouvelle aventure m’attendait donc pour mon retour, avec une nouvelle équipe de direction, un nouveau manager, et de nouveaux collègues. Mais lorsque l’on est un peu loin de cela, on a tendance à ressasser les mauvais souvenirs plutôt que les bons, à se rappeler des mauvais éléments plutôt que des personnes qu’on y apprécie…

Mon entreprise, spécialiste des outils de communications unifiées (et en particulier la visioconférence et les solutions de communication audio) est pionnière dans l’évolution des mentalités relatives à la responsabilisation (empowerment) des employés, c’est-à-dire qu’elle a construit sa culture et ses process autour du fait que des employés libres de travailler d’où ils le souhaitent, quand ils le souhaitent, sont plus heureux et donc plus productifs. Cela m’a donc permis – et je suis consciente d’en être privilégiée – d’avoir eu la possibilité de ne venir qu’à une fréquence limitée au bureau et de rester en télé-travail le reste du temps, et ce avant même le début du confinement. Car même si mon retour nécessitait la reprise de contacts « humains » avec mes collègues et partenaires, il m’apparaissait aussi important de modérer les interactions de notre foyer avec l’extérieur, car même si nous ne constituons pas une population particulièrement à risque, nous hébergeons tout de même un bébé de 7 mois, 2 jeunes enfants et surtout une personne de plus de 60 ans. Le jour de mon retour correspondait donc au premier jour de consigne de ne plus avoir de contact même pour se saluer. J’ai dû faire la bise à 2 personnes avant de me faire reprendre – ce qui au final m’arrangeait bien car je n’ai jamais été une grande partisane de la bise, soit dit en passant – et m’en abroger sans laisser sous-entendre à l’autre qu’il peut être un nid à microbes est une situation qui nous arrange tous, il faut bien l’avouer !

En outre au bout d’une semaine de reprise, les écoles se sont retrouvées fermées et la flexibilité dont je bénéficiais au contraire de mon mari, a fait que je me suis retrouvée naturellement à être désignée volontaire d’office pour être la première « parenstitutrice » de la famille ! (Monsieur n’a pas tardé à suivre, rassurez-vous) Comme beaucoup, je me suis donc rapidement retrouvée submergée, à gérer en mode pompier : mon travail (en télé-travail et autant que faire se peut !), ma grande en CE1 avec du travail tous les jours (grâce à une enseignante géniale, créative, communicante, dévouée, courageuse, résiliente… – bref je ne taris pas d’éloge sur elle mais encore une fois, nous avons une réelle chance de l’avoir en cette année vraiment particulière !), mon cadet en MS qui encore plus que sa grande soeur, a besoin de se défouler mais est également très volontaire et demande à « travailler » c’est-à-dire à apprendre à lire, et ma petite dernière qui, bien évidemment, grandit dans la complicité avec ses aînés mais réclame aussi régulièrement les bras (et le sein) de sa Maman – ce que je peux difficilement déléguer ! Sans compter le Papa qui, deux semaines plus tard, nous a rejoints dans notre confinement quotidien alors qu’il exerce un métier « d’extérieur », et qui a eu davantage de difficultés à gérer l’enfermement, la limitation de ses déplacements, le télé-travail (qui n’est clairement pas inscrit dans l’ADN de son entreprise, ni dans ses gènes à lui d’ailleurs…) dont le management à distance, et le fait d’être avec les enfants 24/7. Cela se traduit chez lui par une certaine irritabilité et une plus grande propension à perdre patience par moments, mais vraiment rien de dramatique en soi – une réaction même normale je dirais ! J’ai également l’immense bonheur d’être aidée au quotidien par ma Maman (et 50% d’adultes en plus à la maison ce n’est pas rien !) et cela m’a permis de vivre la situation de manière assez sereine finalement.

Honnêtement j’en viens même à apprécier la situation qui me permet de passer des moments de qualité avec mes enfants, à les voir grandir (et se disputer…), à prendre notre temps (presque comme lorsque j’étais en congé mat), à en profiter pour m’essayer à l’école à la maison qui est une nouvelle expérience pour moi (en dehors des seuls devoirs du soir bien entendu) et donc à participer de manière plus active à leur instruction (ce que je trouve très enrichissant), à profiter de mon mari aussi qui du coup est vraiment présent et à qui je n’envoie plus mon message quotidien de 18h « tu rentres quand ? », et à redouter la période de déconfinement car je ne sais pas encore trop à quoi m’attendre. Je crois que c’est le manque de contrôle à cette idée qui me perturbe. Pour l’instant, je profite de ma reprise du travail un peu étrange en douceur, et je me sens vraiment comme dans une bulle, un cocon, un peu en décalage avec le temps en particulier le week-end…

Le déconfinement potentiel annoncé pour le 11 mai me paraît une hérésie à plus d’un titre. Alors je suis d’accord sur le fait qu’il faille 60% de personnes contaminées pour atteindre l’immunité collective, mais faire rentrer des élèves de maternelle et de primaire en leur demandant de respecter les règles barrière ? Sait-il seulement ce qu’est un enfant ?? Comment les équiper suffisamment en masques ? Comment les faire aller à l’école en évitant les transports en commun dans les agglomérations ou même les villages où les écoles ne sont pas accessibles autrement ? Pourquoi passer du rien au tout, si brutalement ? Pourquoi ne pas proposer une rentrée échelonnée, c’est-à-dire éventuellement les classes critiques comme celles qui ont des examens à passer en premier ? Cela limiterait le nombre d’élèves présents simultanément dans les établissements scolaires, plus facile à gérer pour tous – direction, enseignants, élèves, parents ? Au niveau des salles, cela permettrait de répartir les élèves et de proposer des cours en moitiés ou quarts de classe ? Pourquoi ne pas garder les classes non critiques en confinement jusqu’à la fin de l’année scolaire, et travailler plutôt sur de nouveaux moyens pour récupérer les élèves perdus au passage ?

Où est passée la notion du déconfinement sur la base du volontariat ? Y’a-t-il un plan prévu ou une cellule de crise pour gérer les problèmes psychologiques dûs au confinement, crises d’angoisse, dépressions… ? N’est-ce pas un non-sens d’ouvrir les écoles alors que les restaurants et lieux de divertissement restent fermés ? Pourquoi ne pas parler des tranches d’âge à déconfiner progressivement, au lieu de nommer sans autre précision les « personnes âgées » ? Dans quelle mesure est-on immunisé une fois contaminé ? Est-il prévu de faire des allers et retours entre le confinement et le déconfinement ? Pourquoi cette stratégie de communication si bancale, est-ce que l’on pense les Français si inaptes à comprendre les réels enjeux de ce confinement que l’on n’ose leur annoncer les durées probables réelles dès le début ?

Beaucoup d’interrogations encore donc en cette période troublée, mais nous devrions en sortir grandis. Il nous faut pour cela prendre le temps de mener une petite introspection, d’apprendre à accueillir ses émotions et ses sensations. Il est peut-être temps de faire une pause dans sa vie : on peut tout à fait, sauf souci majeur à gérer bien entendu, profiter de ce petit aparté que la nature nous offre pour réapprendre à vivre et se demander comment mieux tirer parti du même capital de 24h dont nous disposons tous, de manière totalement égalitaire, chaque jour qui nous est donné ! Au service de soi, au service des autres… Et vous, comment vivez-vous cette période ? Quelles réflexions menez-vous ? Qu’est-ce que cela change dans votre vie ?

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